Libération

Support média : Presse écrite, Internet

Périodicité : Quotidien

Diffusion géographique : Nationale

Zone géographique : France

Site web : www.liberation.fr

Langues du média : français

Pays du siège : France

Adresse : 11, rue Béranger, 75154 Paris Cedex 03

Date de création : Février 1973

Propriétaire : SA Investissement Presse (Édouard de Rothschild)

Statut : SARL

Depuis le milieu des années 1990, les fonctions de PDG et de directeur de la rédaction avaient été clairement disjointes. Le PDG fixe les orientations stratégiques (nouvelles formules, suppléments, etc.) tandis que le directeur de la rédaction est en charge des choix éditoriaux. Les statuts du journal prévoient que le PDG propose un directeur à la rédaction auquel celle-ci est libre de donner ou non son aval. Laurent Joffrin a occupé ces deux postes pendant plusieurs années, comme Nicolas Demorand l’a fait de mars 2011 à juillet 2013 avant de devenir président du conseil de surveillance

coprésident et cogérant: Philippe Nicolas

Directeur de la rédaction : Fabrice Rousselot

Rédacteurs en chef : Ludovic BLECHER, Olivier WICKER, Gérard LEFORT

Président de la SDJ/SDR : Christophe Forcari

Médiateur : Pas de médiateur

Quelques chiffres…

Capital :

Groupe A (bloc de contrôle) : 53,28 % (26,64 % Présidence Bruno Ledoux ; 26,64 % Édouard de Rothschild)

Groupe C : 25,10 % (22,82 % Ersel (Carlo Caracciolo, décédé en 2008) ; 2,28 % Mercurio (Carlo Peronne))

Groupe B : 21,48 % (9,64 % Mediascap ; 5,79 % Soparis Suez ; 1,93 % Pierre Bergé ; 1,16 % David de Rothschild ; 1 % Suez ; 0,46 % Bernard-Henri Lévy ; 0,46 % Guillaume Hannezo ; 0,46 % Lionel Zinsou ; 0,39 % Henri Seydoux ; 0,19 % André Rousselet)

Les salariés possèdent 0,67 % du capital à travers la SCPL (Société civile des personnels de Libération). Les seize membres de cette instance sont élus pour deux ans par l’ensemble des salariés. Ils représentent les trois collèges : rédaction, fabricants et administratifs et commerciaux. Disposant de trois sièges sur les quinze du conseil d’administration, elle veille sur la liberté et l’indépendance du journal.

Chiffre d’affaire : 62 millions d’euros pour 2012

La publicité occupe 23% de l’espace du journal

Tirage : 113 208 exemplaires (OJD 2012/2013)

Effectifs : environ 150 journalistes

Parution : quotidien paraissant du lundi au samedi inclus

Unités de production : depuis 2009, Libération ne détient plus aucune participation dans ses imprimeries. Le CIPP (Centre d’impression de la presse parisienne), situé à Saint Denis, appartient au groupe Riccobono.

Zone de diffusion : Nationale

Régie publicitaire : Libération Médias

Historique :

Reprenant le titre d’un quotidien de la résistance, Jean-Paul Sartre, Serge July, Philippe Gavi, Bernard Lallement et Jean-Claude Vernier fondent Libération en février 1973.

La charte politique du journal exprime clairement son objectif : « Peuple, prend la parole et garde-la ». Le quotidien revendique alors l’absence de publicité et d’actionnaires financiers.

En 1974, Sartre se retire pour raison de santé, Serge July prend la relève. Jusqu’en 1981, le quotidien de gauche est dirigé par ses salariés, sans échelle de salaire.

En 1982, la publicité apparaît, le journal connaît une progression des ventes sans faille jusqu’à la fin des années 80, avant que les crises ne se succèdent. Malgré quelques sursauts réguliers directement liés à son engagement dans la politique française, Libération subit la crise.

En 2005, Edouard de Rotschild re-capitalise le titre ; un an plus tard Serge July quitte le journal. La même année, une société des lecteurs est créée. Libération met en place un plan social qui fait disparaître la moitié de sa rédaction.

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Réponses complètes

1.1. – Code ou charte interne ? : Oui

La « Charte de l’indépendance rédactionnelle » de Libération a été rédigée à la création du journal. Elle est remise à tout journaliste au moment de son arrivée.

1.2. – Quel contrôle de leur application ? : Non formalisé

2.1. – Société De Journalistes / Société De Rédacteurs ? : Autre instance

La « Société Civile des Personnels de Libération » a été créée en même temps que le journal dont elle était actionnaire majoritaire.

Chaque catégorie d’employés, journalistes et non-journalistes, y est regroupée.

La SCPL qui a un siège et le droit de vote au Conseil d’Administration, ne possède plus aujourd’hui que 0,61% du capital.

2.2. – Retour critique sur la production journalistique ? : Non mais…

Les débriefings peuvent se faire lors de la conférence de rédaction du matin.

2.3. – Quels systèmes de recherche et de rectification des erreurs ? : Circuit de relecture classique

Chaque article est relu au moins par un chef de service. Lorsqu’il s’agit d’un sujet sensible, le rédacteur en chef relit également.

3.1. – Quel lien entre valeurs du média et contenus publicitaires ? : Pas de règles formelles et peu de litige

Publicités politiques : quelques unes ont été refusées parce qu’elles n’étaient pas en adéquation avec l’esprit du quotidien.

Publicités commerciales : certaines peuvent poser problème notamment dans les suppléments. Le journal évitera la juxtaposition d’un article critique sur les pratiques d’une entreprise avec une publicité de cette même entreprise. L’article paraîtra alors sur une autre page du quotidien. C’est régulièrement le cas sur la thématique écologique où le greenwashing de certains annonceurs entre en contradiction avec l’esprit général du supplément et la problématique rédactionnelle.

3.2. – Quel arbitre en cas de litige ? : La direction générale

La direction générale tranche en dernier recours, quand l’ensemble des services n’a pas réussi à trouver une position commune.

3.3. – Quel cadre pour les parrainages et les partenariats éditoriaux ? : La rédaction est décisionnaire

La rédaction choisit certains partenariats. Dans d’autres cas, le demandeur de partenariat est orienté vers le service commercial qui s’occupera du « publi-rédactionnel » rédigé par une agence extérieure de contenu. La typographie du journal ne peut pas alors être utilisée. La mention « La rédaction n’a pas participé » est même apposée sur ce supplément.

4.1. – Quelle gestion des voyages de presse et des journalistes « embarqués » ? : Selon la rubrique

La charte de Libération stipule que les voyages de presse ne sont pas autorisés.

Néanmoins l’économie de certains secteurs du quotidien oblige à plus de souplesse, c’est notamment le cas pour les rubriques voyage et tourisme.

Au chef de service de débattre avec la rédaction en chef et d’appliquer ses propres règles déontologiques : l’article ne mentionnera aucun nom et ne fera aucune publicité. Les entreprises invitantes n’exercent d’ailleurs aucune pression particulière car elles connaissent les principes du journal et se contentent de voir leurs activités évoquées dans un article.

4.2. – Quelle résolution des conflits d’intérêt avec le propriétaire ? : Une règle ferme

Dès qu’un des actionnaires ou membres du directoire est cité dans un article, il est systématiquement fait mention de son lien avec Libération.

4.3. – Quelle gestion des pressions politiques et économiques ? : Presque inutiles, peu de tentative de pression

Les rares tentatives d’influence se soldent par des échecs, le journal a bâti sa réputation sur son indépendance.

4.4. – Quel traitement du fait divers ? : Le respect de l’individu

Dans la mesure du possible la vie privée est respectée, notamment lorsqu’il s’agit de mineurs. Les noms, lorsqu’ils peuvent donner lieu à des caricatures (notamment racistes) ne sont pas cités.

Des critères plus classiques sont également pris en compte dans la citation des noms et la publication d’informations concernant l’intéressé : sa notoriété publique, son âge, la gravité des faits reprochés…

4.5. – Quels critères de publication des photos / de diffusion des images tournées ? : Pédagogie et refus du sensationalisme

La valeur pédagogique d’une photo peut être un critère déterminant dans le choix de sa publication. Cependant l’intérêt d’une photo mis en balance avec un risque de sensationnalisme peut l’exclure de la parution.

4.6. – Quel traitement des photos ou vidéos amateurs ? : Publiés avec un indice de fiabilité

Il arrive que des documents amateurs soient utilisés, après une vérification très rigoureuse. La nature du document est toujours annoncée et en cas de doute, le degré de fiabilité du document établi par la rédaction est clairement indiqué.

Libération utilise aussi des photos d’illustration en provenance du site « Flickr » mais de façon modérée, afin de ne pas nuire à la profession de photographe.

Les documents amateur ne sont pas rémunérés.

4.7. – Quel statut pour les blogs de journalistes permanents ou pigistes ? : Réflexion en cours

La société des rédacteurs travaille sur ce sujet mais rien n’a encore été formalisé.

4.8. – Quelles conditions pour travailler « sous couverture » ? : Aucune

5.1. – Poste de médiateur, quelle interface avec le public ? : Non

Il n’y a jamais eu de projets de création d’un poste de médiateur à Libération.

5.2. – Rubrique « Courrier des lecteurs » ? : Essentiellement sur le web

Si les lecteurs n’ont quasiment pas d’espace dans le journal papier, « Libé +", sur le site web du quotidien leur propose, après inscription, de réagir aux articles, de participer à des forums d’actualités, de sélectionner des newsletters…

5.3. – Quelle gestion du « Droit de réponse » ? : Par la rédaction en chef

Dans un premier temps, les demandes de « droit de réponse » sont traitées par les rédacteurs en chef. Si aucune solution n’est trouvée, elles sont remises entre les mains de l’avocat du journal.

Si le « droit de réponse » a été souvent utilisé à une époque, il semble maintenant passé de mode. Les demandes se font de plus en plus rares.

5.4. – Visites du média ? : Restreintes

Uniquement sur demande.

5.5. – Des rencontres avec le public ? : Oui

Les journalistes de Libération ont l’occasion de croiser leurs lecteurs à l’occasion des grands forums (deux fois par an) qui réunissent des personnalités de premier ordre, nationales ou internationales, sur une question d’actualité. Ces forums se tiennent le plus souvent en province, des journalistes de la rédaction y animent des ateliers.

Des panels de lecteurs ne sont organisés qu’en cas de changement de formule du journal.

La rédaction a aussi mis en place « un making-off » dans les pages du journal, encore appelé « contre-journal ». Il s’agit de décortiquer pour le public le processus de fabrication de l’information. La formule n’est pas interactive mais donne un accès aux coulisses.

5.6. – Coordonnées des journalistes à la disposition du public ? : Non

5.7. – Quelle gestion des forums sur internet ? : Modération a posteriori et externe

Après deux signalements, un commentaire litigieux est supprimé par des modérateurs externes.

Les journalistes ont aussi la possibilité de supprimer les commentaires directement.

6.1. – Vers une imprimerie verte ? : Lentement

Libération sous-traite l’impression de ses journaux à deux sociétés.

Les préoccupations de développement durable de l’imprimerie parisienne se traduisent par la recherche d’une grande traçabilité des produits à recycler ou à détruire. Elle sous-traite elle-même ces produits : des encres un peu plus végétales qu’auparavant, les acides, les plaques offset en aluminium… Le circuit de mouillage est fermé, les eaux et les boues sont triées. Aucun produit toxique n’est stocké à l’intérieur du bâtiment.

6.2. – Infrastructure et logistique raisonnées ? : Des premiers efforts

Tri sélectif (papier/déchets).

Utilisation d’ampoules basse tension dans les escaliers, les plateaux de la rédaction sont éclairés par des néons.

De timides premiers efforts de réduction d’émissions polluantes consistent en une prise en charge par l’entreprise de 50% du coût de la carte de transports parisiens. Le journal possède 7 véhicules de fonction dont 2 non attribués sont utilisables par tous les collaborateurs. Enfin des parkings de vélos ont été créés.

6.3. – Choix des fournisseurs sur critères durables ? : Non

6.4. – Gestion durable du matériel de tournage ? : Trop tôt

7.1. – Quelles initiatives d’éducation aux médias ? : Aucune

Aucune initiative n’est menée par le journal, mais les journalistes peuvent individuellement s’impliquer dans ce domaine, notamment par des activités d’enseignement.

7.2. – Quel soutien aux médias des pays émergents ? : Aucun

8.1. – Quel engagement pour la formation continue ? : Presque inexistant

La formation continue est très peu suivie à cause du manque de temps chronique des journalistes de la rédaction. Néanmoins la possibilité de faire des stages de formation est offerte à l’ensemble de la rédaction.

8.2. – Transparence des rémunérations ? : Oui

Cette volonté de transparence découle du principe d’égalité des salaires voulu à la création du journal.

Il en reste aujourd’hui que tous les salaires sont affichés une fois par an et que les représentants du personnel en possède la grille.

Le système d’indices est très clair, il interdit également toute récompense au mérite.

8.3. – Quels bénéficiaires de la taxe d’apprentissage ? : Des centres de formation au journalisme

9.1. – Quelle prise en compte de la RSE ? : Aucune